« Journalistes et communicants, même combat » par Alain Doudiès, consultant en com publique, ancien journaliste

« Journalistes et communicants, même combat » par Alain Doudiès, consultant en com publique, ancien journaliste

Journalistes et communicants, même combat
« Même combat ? Comme vous y allez, monsieur ! Vous savez bien que, de part et d’autre de la frontière, les fantassins de l’information et les soldats de la communication s’affrontent, immémorialement. » Billet paru dans le dernier numéro de Brief [n°64 de janvier 2019].

Pas si simple. La frontière persiste, bien sûr, entre l’impérative diversité des sources et la légitimité de la parole institutionnelle. Mais, entre les sémillants journalistes, parés de toutes les vertus, et les abominables communicants, porteurs de toutes les propagandes, elle s’est estompée. Bon gré mal gré, de jeunes talents, aiguillonnés par la précarité, la traversent couramment. En 2014, un thème des Assises internationales du journalisme aurait autrefois suscité un tollé : « Collectivités locales et médias, comment bien travailler ensemble. » Le temps de la coopération est venu. Il est possible. Il est nécessaire.

Ces deux métiers ont, l’un et l’autre, une utilité sociale. Pour 92 % des Français, le journalisme est utile (1). Parallèlement, l’information municipale est jugée (2) à la fois utile (73 %), qui informe bien (63 %), et crédible (65 %). La presse est historiquement considérée comme un des piliers de la démocratie. La communication publique en est un des outils. La « Déclaration internationale sur l’information et la démocratie », que Reporters sans frontières vient de publier, parle de l’« espace global de l’information et de la communication ». Un accord entre ces deux univers apparemment lointain n’est pas utopique. Pas plus qu’entre deux entreprises concurrentes ou deux partis opposés. Les différences et même les divergences n’excluent pas les alliances qui, face aux menaces, s’imposent.
Forts de leur utilité réciproque, communicants et journalistes partagent une responsabilité : lutter contre les désastreuses atteintes à la qualité de l’information. Les deux professions peuvent et doivent chercher les voies d’un bien commun. En évitant les petits arrangements quotidiens avec la vérité, du moins avec son exigeante quête, en écartant les tripatouillages et en recherchant les formes d’initiatives conjointes. Même combat, donc.

(1) Etude Vivavoice 2018 pour les Assises internationales du journalisme, avec France Télévisions, France Médias Monde, Le Journal du Dimanche et Radio France.
(2) Baromètre 2018 Epiceum – Harris Interactive de la communication locale.

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